Septembre 2017, Pékin. En marge d'une visite d'État, la Guinée et la Chine signent un accord-cadre de coopération de 20 milliards de dollars, étalé sur vingt ans. Deux mois plus tard, à Paris, le groupe consultatif consacré au Plan national de développement économique et social (PNDES) recueille 21 milliards de dollars d'engagements. Jamais le pays n'avait mobilisé autant en si peu de temps.
Des ressources contre des infrastructures
Le principe de l'accord chinois est simple : des financements pour les routes, l'énergie et les grands équipements, remboursés en grande partie par l'exploitation des ressources minières, au premier rang desquelles la bauxite, dont la Guinée détient les premières réserves mondiales. Ce modèle « ressources contre infrastructures » permet d'avancer vite, sans attendre que le budget de l'État dégage les marges nécessaires.
Parmi les premiers projets associés à ce partenariat figure le barrage hydroélectrique de Souapiti, sur le fleuve Konkouré, appelé à renforcer l'offre d'électricité du pays.
Paris : la confiance des bailleurs
Au groupe consultatif de Paris, en novembre 2017, bailleurs publics et investisseurs privés ont annoncé 21 milliards de dollars d'engagements pour le PNDES. Le signal est fort : la Guinée sort de la crise Ebola avec une croissance supérieure à 6 % et une inflation en net recul, et ses partenaires parient sur la suite.
Un engagement n'est pas un décaissement. La valeur de ces annonces se mesurera aux chantiers ouverts, pas aux montants affichés.
Les points de vigilance
- Dette : des financements adossés aux matières premières exposent le pays aux variations des cours.
- Transparence : les contrats miniers et les conditions de remboursement doivent être publiés et suivis.
- Capacité d'exécution : l'administration doit pouvoir préparer, passer et contrôler les marchés au rythme des financements.
- Retombées locales : emplois, sous-traitance guinéenne et transformation sur place restent les vrais critères de réussite.
Vingt milliards d'un côté, vingt et un de l'autre : 2017 a ouvert une fenêtre de financement rare. Le défi de la décennie suivante est d'en faire des routes, des mégawatts et des emplois.


